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La théorie de l’attachement

par Diane

Aujourd’hui je te présente la théorie de l’attachement, une théorie qu’il fait bon connaître. Les pleurs de bébé doivent solliciter toute notre attention, tout au long de la 1ère année de bébé. Il en va de son équilibre affectif, de sa personnalité, de ses relations aux autres.

Quand on devient maman, on reçoit toutes sortes de conseils plus ou moins avisés et respectueux de l’enfant. On entend tout et son contraire. Pas facile de s’y retrouver.

Laisse-le pleurer, tu vois bien que c’est un caprice !

Combien de fois j’ai pu entendre ce conseil qui m’a fait du mal.

Heureusement que John Bowlby est arrivé avec cette théorie de l’attachement. Cela m’a fait un bien fou, car cela m’a aidée à me conforter dans l’idée que mon intuition était la bonne.

Dans cet article, je vais t’expliquer en détail ce que dit cette théorie de l’attachement (d’ailleurs ce n’est, à mon sens, plus une théorie, puisqu’elle est validée et prouvée scientifiquement).

Tu vas enfin comprendre

  1. ce qui se cache derrière les pleurs de ton bébé.
  2. comment vont évoluer les besoins de ton bébé ?
  3. ce que va construire ton enfant en fonction des réponses que tu apporteras à ces pleurs.
  4. comment assurer une sécurité affective à ton bébé et répondre de manière adéquate au besoin d’attachement?

1. Pourquoi mon bébé pleure ou crie selon la théorie de l’attachement?

Alors que dit cette théorie de l’attachement mise en lumière en 1969 ?

Tous les enfants naissent avec un besoin inné et vital : l’attachement, défini comme l’ensemble des comportements visant à obtenir et maintenir la proximité avec un adulte.

Un bébé ne peut pas survivre sans présence d’un adulte. La nature l’a donc équipé pour nouer des relations proches avec un adulte. Le bébé est biologiquement programmé pour rechercher une proximité d’une personne adulte lorsqu’il est en situation de détresse et d’alarme.

Pour signaler sa détresse, le bébé va donc enclencher et exprimer tout un répertoire de comportements :

  • Pleurer
  • Crier
  • Se rapprocher, s’accrocher (à partir de 18 mois)
Les pleurs dans la théorie de l'attachement : un des comportements du bébé pour rechercher la proximité d'un adulte afin qu'il réponde à une détresse
Image par joffi de Pixabay

Tous ces comportements ont comme résultat d’établir la proximité. En entendant des pleurs, l’adulte ne peut s’empêcher de vouloir y mettre fin. Les neurosciences ont d’ailleurs découvert que des aires du cerveau de l’adulte sont activées et commandent de mettre fin à ses pleurs. Les êtres vivants sont biologiquement constitués et programmés pour être connectés.

Théorie de l'attachement. Sourire et regard : 2 atouts pour maintenir la proximité avec un adulte.
Comment ne pas fondre devant un sourire aussi craquant? Bébé est doté d’un pouvoir permettant de maintenir la proximité avec un adulte.

Une fois la proximité obtenue, le bébé va tout faire pour la maintenir. Il est pour cela doté d’un pouvoir magique : le regard et le sourire. N’as-tu pas remarqué que tout être humain psychologiquement en bonne santé, est toujours attendri par un bébé (qu’il soit humain, un chaton, un chiot, un agneau ou bien même un louveteau).

L’attachement a deux fonctions

L’attachement a pour première fonction de protéger le bébé. Ce besoin de s’attacher a été acquis au cours de l’évolution pour permettre au bébé d’être protégé face à des prédateurs qui pourraient être présents dans l’environnement.

L’attachement a pour deuxième fonction d’ouverture au monde. Une fois que le bébé se sent protégé et en sécurité, il va pouvoir explorer son environnement et faire des apprentissages. Si le bébé a cette conviction qu’il existe un adulte qui sera toujours là à ses côtés pour l’aider et le réconforter en cas de besoin, alors il pourra se consacrer aux apprentissages.

2. Comment évolue le besoin d’attachement?

De la naissance à 7 mois : le bébé se satisfait de n’importe qui pour satisfaire le besoin de proximité.

A partir de 8-9 mois : le bébé va avoir ses préférences et va manifester son besoin auprès de la figure d’attachement (la personne qui a le plus répondu à ses besoins depuis sa naissance). Il fait la distinction entre le familier et l’inconnu. Ce dernier va être synonyme de danger. C’est à cette période que le bébé manifeste son besoin d’attachement en protestant au moment de la séparation avec la figure d’attachement. Il va rechercher la proximité physique et va tout faire pour la maintenir.

A cette période d’importants changements moteurs et cognitifs vont se mettre en place. L’enfant va commencer à se déplacer. Il va développer son système d’exploration, se montrer curieux par rapport à son environnement.

Entre 9 et 12 mois, l’enfant utilise sa figure d’attachement comme base de sécurité, il se tourne vers elle pour chercher confort et soutien tout en explorant le monde à condition d’être à proximité de sa figure d’attachement.

Vers 3-4 ans : l’enfant commence à prendre en compte le point de vue de l’autre et a donc moins d’exigence en matière de proximité physique. Il va rechercher une proximité psychologique.  Si l’enfant a vraiment besoin de sa figure d’attachement, il va s’assurer qu’elle sera bien présente en cas de besoin.

3. Quel modèle mon enfant construit-il lors de sa 1ère année?

Très tôt, les enfants vont mémoriser les réponses que les adultes fournissent à leurs comportements d’attachement. Dès la fin de la 1ère année de vie, l’enfant aura construit des modèles inconscients.

Ainsi les réponses des adultes auront un impact sur

  • l’image que le bébé a de lui-même et de sa figure d’attachement
  • ses relations aux autres
  • la personnalité du bébé

4 catégories d’enfants

En fonction des réponses données par la figure d’attachement au besoin d’attachement de l’enfant, 4 catégories d’enfants ont pu être déterminées lors de l’expérience de la situation étrange réalisée par Mary Ainsworth.

Dans un laboratoire, une situation artificielle volontaire de séparation est créée afin d’activer le système d’attachement de l’enfant. On demande à la maman arrivée avec son bébé de 1 an, de quitter la pièce au bout d’un certain temps, et de laisser son enfant. Cette situation étrange génère donc un stress. Les chercheurs vont observer les réactions du bébé au moment du départ de la maman et au moment du retour.

1. L’enfant sécurisé

Cette catégorie regroupe les enfants qui vont se comporter comme ce que prévoit la théorie. Au moment du départ de la maman (situation de stress), le bébé pleure, hurle et cherche par tous les moyens à rejoindre sa maman (activation du système d’attachement), et au moment du retour de la maman, l’enfant réconforté par un câlin arrête de pleurer et repart jouer (l’enfant est rassuré, le système d’attachement s’arrête).

Tu as vu comme il s’est arrêté net dès que tu l’as pris dans les bras ! Ah mais c’était du cinéma !

te dirait une personne croyant bien faire.

Merci Bowlby de prouver que mon intuition est la bonne, et au diable toutes ces remarques qui sèment le trouble dans le cœur des mamans.

2. L’enfant insécurisé évitant

Il s’agit de la catégorie des enfants qui ne vont ni réagir au départ de la maman, ni à son retour. L’enfant l’évite, se détourne et ne pleure pas.

Ces enfants ont appris que leur parent ne répondait pas ou pas de manière adaptée à leurs sollicitations. Ils ont appris à ne plus manifester leur détresse. Ils désactivent leur système d’attachement. Ils ne l’utilisent plus car ils savent que cela ne sert plus à rien. Alors plutôt que d’essuyer un refus et d’être frustré par l’absence de réponse du parent, ils préfèrent ne plus demander de proximité ou de réconfort.

3. L’enfant insécurisé ambivalent résistant

Dans cette catégorie, les enfants vont énormément pleurer. Ils pleurent avant même que la maman parte. Ils sont très difficiles à calmer. Ils vont être pris entre l’envie de rester dans les bras et l’envie d’aller jouer. Une fois dans les bras, ils veulent aller jouer, mais une fois par terre, ils réclament les bras.

Ces enfants ont fait l’expérience de parents imprévisibles. Ces parents sont parfois capables de tout à fait répondre de façon adaptée aux sollicitations de l’enfant, et parfois pas du tout capables. Les enfants vont donc sur-activer leur système d’attachement. Ces enfants vont prendre le parti de tout le temps demander à rester à proximité du parent, afin d’être certains qu’en cas de stress, ils pourront être réconfortés.

4. L’enfant insécurisé désorganisé désorienté

Dans cette catégorie se trouvent les enfants qui n’ont pas réussi à mettre au point une stratégie claire de comportements vis-à-vis de leurs parents.

Certains vont se frapper ou frapper leur maman au moment de son retour. D’autres vont détourner le regard ou rester figés pendant tout le temps de la situation étrange.

Ces enfants ont fait l’expérience de parents effrayants, soit parce qu’ils sont maltraitants ou présentent des psychopathologies sévères ou sont dépressifs.

4. Comment assurer une sécurité affective et comment répondre de manière adéquate au besoin d’attachement ?

La sécurité affective

La sécurité affective va découler de ces modèles construits par l’enfant. Pour que l’enfant développe ce sentiment de sécurité il est nécessaire que lors d’expériences répétées,

  • les réponses données par la figure d’attachement soient adéquates, rapides et appropriées aux besoins d’attachement du bébé,
  • les réactions de la figure d’attachement soient prévisibles, cohérentes et fiables
  • les séparations soient limitées en fonction de l’âge de l’enfant.

Comment répondre au besoin d’attachement?

La figure d’attachement peut très bien aimer son bébé mais ne pas savoir le protéger. La notion d’amour est nécessaire mais pas suffisante.

Pour répondre au besoin d’attachement du bébé, la figure d’attachement

  • a recours à un partage émotionnel,
  • est à même de consoler, de soutenir en fournissant des solutions au problème ou en aidant l’enfant à trouver des solutions au problème,
  • est capable de percevoir et d’interpréter les expressions verbales et non verbales de manière correcte, rapide et adéquate, (alors rassure-toi cela ne vient pas du premier coup, comprendre son bébé peut prendre du temps et en tant que maman il arrive de se tromper. L’important est de réparer son erreur en communiquant à son enfant que maman s’est trompée « o je me suis trompée, je pensais que tu avais besoin d’un câlin, mais on dirait que tu as plutôt faim »)
  • accepte la détresse de l’enfant
  • donne une réponse sensible à sa détresse
  • soutient et encourage l’exploration
  • pose les défis appropriés
  • régule les émotions : le bébé ne peut pas réguler tout seul ses émotions telles que la tristesse, la peur ou la colère. Il a besoin de l’adulte qui est une source de communication de stratégies pour surmonter une détresse.

Exemple : oh mais qu’est-ce que tu as l’air d’avoir peur !  Ben oui ça fait bien longtemps que tu n’as pas vu tatie Sophie. Et qu’est-ce qu’on va faire pour que ça aille mieux ?

En communicant ainsi : on fait comprendre à l’enfant

Tu n’es pas seul. Je comprends ce que tu ressens, mais je ne ressens pas ce que tu ressens . Je vais t’aider à trouver une solution

Conclusion

Cette théorie de l’attachement apporte des réponses claires aux pleurs des bébés.

Si un bébé pleure ce n’est pas pour nous embêter, nous manipuler ou pour faire un caprice. Il nous signale un état de détresse. Plus on répond à ces pleurs de manière correcte, plus vite ils s’estomperont et meilleur sera le lien parent/enfant. Le bébé aura acquis une sécurité affective stable et sera apte à explorer le monde en toute sécurité.

Ainsi dans un modèle sécurisé,

  • le bébé a une bonne image de lui-même et de sa figure d’attachement. Il sait que s’il se met à pleurer, sa figure d’attachement va intervenir. Ton bout de chou aura le sentiment d’être compris, d’être important et d’être unique aux yeux des personnes qui prennent soin de lui. Il aura confiance dans l’autre en cas de problème,
  • Il est en confiance avec les autres : si le bébé a eu l’habitude d’une figure d’attachement prête à répondre aux sollicitations en cas de besoin, alors il aura des attentes positives envers les autres. Ses compétences sociales et relations avec ses pairs seront de bonne qualité.
  • Il aura une bonne image de lui-même et une bonne estime de lui-même.

Sources :

  • La théorie de l’attachement : sécurité affective et bien-être de l’enfant, conférence de Fabien Bacro
  • conférence de Nicole Guédeney sur la théorie de l’attachement

Et si on échangeait à propos de cet article?

  • Cet article t’a-t-il été utile ?
  • Comment vis-tu les pleurs de ton bébé ?
  • Penses-tu arriver à répondre à ses pleurs ? ou est-ce parfois difficile ?

Au plaisir de te lire.

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