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Le lâcher prise

par Diane

On lit partout que pour être heureux, il faut savoir lâcher-prise. Jusque-là j’avais une vague idée de ce que cela pouvait représenter. Et quand on commence à s’y intéresser, on a toutes sortes de définitions. Le lâcher-prise était selon moi, l’équivalent de ne pas se prendre la tête, de laisser couler, d’alléger sa charge mentale. “Allez, cool Raoul, lâche-prise, reste zen, ça ira mieux demain!”. Il y a autant de définitions du lâcher-prise que d’individus. Et je suis sûre que ta définition diffère de la mienne.

Dans cet article on verra

  • d’où vient cette expression de lâcher prise
  • la définition du lâcher prise (ou du moins une tentative)
  • ma vie avant le lâcher prise
  • en quoi est-ce important de lâcher prise en tant que maman et ce que cela va t’apporter
  • les étapes qui m’ont menée au lâcher-prise
    1. l’instant présent
    2. voyage à l’intérieur de soi
    3. l’autre
    4. les relations aux autres

Les origines du lâcher-prise ?

Le lâcher-prise serait une expression dont l’origine viendrait de l’Orient, et plus exactement de l’hindouisme. Il aurait été introduit en Occident, dans les années 70, lorsque de nombreux occidentaux ont commencé à s’intéresser à la spiritualité orientale et ont ressenti le besoin d’apporter de la profondeur à leur existence et de lâcher cette volonté de tout contrôler. Voilà pourquoi le lâcher-prise semble contre-intuitif dans notre société occidentale où le culte de la performance semble prépondérant.

Or selon la philosophie orientale, nous ne pouvons pas tout contrôler, nous ne sommes que poussière face à l’univers et nous aurions beaucoup à apprendre, en se laissant porter par la vie. Ce qui ne signifie pas de renoncer et se résigner aux événements qui surviennent. Oui mais alors comment faire ? Se laisser porter par la vie sans vouloir tout contrôler. Pas facile dis-donc !

Le lâcher-prise kesako alors?

Selon le dictionnaire Larousse le lâcher-prise est un moyen de libération psychologique consistant à se détacher du désir de maîtrise.

  • le lâcher prise, c’est renoncer à vouloir tout contrôler,
  • le lâcher prise, c’est accepter le changement et renoncer à ses peurs,
  • le lâcher prise, c’est accepter ses limites et cesser de se battre,
  • le lâcher prise, c’est se faire confiance et faire confiance à la vie,
  • le lâcher prise, c’est laisser aller et tenir bon à la fois,
  • le lâcher prise, c’est s’ouvrir à de nouveaux possibles

source : Apprendre à lâcher prise de Cécile Neuville

En Indonésie, il existe un piège redoutable pour capturer les singes. Il suffit de mettre une orange dans une citrouille. Le singe y glisse sa main, attrape l’orange mais n’arrive plus à ressortir sa main. Le singe demeure coincé, puisqu’il ne veut pas lâcher l’orange et il ne reste plus qu’à le capturer.

Et nous avons toutes nos petites oranges qu’on a du mal à lâcher. Quelle est selon toi l’orange que tu as le plus de mal à lâcher? Le fait d’en avoir conscience est déjà le début de la libération. Vu de l’extérieur, cela paraît évident que le singe n’a qu’à lâcher l’orange pour se retrouver libre. En ayant les deux mains libres, on ne peut qu’accueillir ce qui vient et vivre ici et maintenant.

Si tu réalises que tu donnes de l’importance aux choses qui ne le méritent pas, tu as déjà fait un grand pas vers le lâcher-prise.

J’aime beaucoup cette image assez parlante :

“Nous naviguons crispés à la barre de notre bateau. Et nous insistons malgré la résistance des éléments.”

Sabrina Philippe, psychologue

L’idée serait donc de ne pas renoncer à piloter le navire mais admettre que nous ne pouvons pas commander l’océan. Accepter parfois de lâcher la barre et nous laisser porter par les flots.

Source : Petit manuel de navigation pour l’âme Sabrina Philippe

Ma vie avant le lâcher-prise

Il est vrai que notre vie de maman nous amène à gérer et devoir traiter 10 000 tâches en même temps. Sinon 24 heures ne seraient pas suffisantes pour réaliser tout ce qui est prévu.

Oui mais le problème, ne viendrait-il pas de ce “tout ce qui est prévu” justement? Pourquoi charger la mule? D’où vient cette volonté de tout assumer, de tout gérer? Pourquoi nous accrochons-nous à quelque chose qui nous empêche d’avancer? Et d’ailleurs la question n’est-elle pas de savoir où nous souhaitons avancer?

Alors oui j’avoue que pendant longtemps, je râlais du matin au soir, car tout n’était pas aussi parfait que je l’aurai souhaité, je faisais ma liste de courses tout en surveillant le petit dernier dans son bain. Oui, je réfléchissais aux repas de la semaine à venir, tout en jouant aux cartes avec mes enfants. Oui, j’ai sacrifié du temps accordé à mes enfants pour rendre ma maison impeccable. Et des exemples, j’en ai à la pelle. Et mon petit doigt me dit, que tu fais un peu pareil. Allez un petit exemple en commentaire, si t’es cap !

Et puis un jour, j’ai dit

J’ai décrété que le multitâches était un véritable piège à mamans. Nan mais oh !

Cela donne quoi le lâcher-prise en tant que maman?

  • une maison où on ne sait plus où mettre les pieds : des jouets jonchant le sol, des vêtements sales n’ayant pas trouvé le panier qui leur est destiné?
  • des enfants livrés à eux-mêmes, mangeant tout ce qui se trouve dans les placards : les repas n’ayant pas été préparés?
  • les factures impayées…

Que nenni rien de tout cela ! Lâcher prise ne veut absolument pas dire renoncement et acceptation de tout et n’importe quoi. Faut pas abuser quand même !

Alors oui, parfois tout ce qui a été prévu ne se réalise pas : quelques jeux n’ont pas été rangés, le repas prévu n’a pas été préparé, ton ainé a du mal à apprendre sa dernière leçon. Deux solutions possibles :

  • tu t’énerves car ce qui a été prévu n’a pas été réalisé en temps et en heure, et tu hausses le ton auprès de tes enfants, l’ambiance devient électrique, et tout le monde est excité avant le coucher. Résultat tu passeras une éternité à coucher tes enfants et finiras ta journée épuisée, avec des risques de réveils inopinés pendant la nuit, car tes enfants seront réveillés par des cauchemars…. mouais
  • tu lâches prise, tu acceptes que rien de ce que tu avais prévu ne s’est passé, et alors? Tu décides de passer malgré tout, les derniers instants de la journée avec tes enfants dans la joie et la bonne humeur en improvisant un repas de dernière minute, en demandant pourquoi pas, l’aide de tes enfants. Et le coucher n’en sera que meilleur!

Le lâcher-prise va plutôt apporter de la joie, de la sérénité et du bien-être dans toute la maison. Une maman qui ne court plus après plusieurs lièvres en même temps, une maman libérée de ses chaines, va forcément gagner en plénitude et tout le monde en profitera.

La prochaine fois qu’une situation de stress se présente, pense à bien identifier si tu peux y changer quelque chose.

Dans l’affirmative, fais de ton mieux pour améliorer la situation. Dans le cas contraire, accepte ce qui est, et inutile de t’acharner à avancer alors que ton bateau est toujours arrimé au port. Que d’énergie dépensée vainement !

Ma vie s’est transformée le jour où, roulant sur l’autoroute de la vie menée à 130km/h, j’ai décidé de prendre la voie de droite et de ralentir ma vitesse et admirer le paysage tout en continuant ma route. Au diable les diktats de la société qui voudrait qu’une femme soit parfaite dans tous les domaines : au boulot, à la maison. J’ai décidé de changer mes priorités. J’ai accepté d’être imparfaite, de ne plus tout vouloir contrôler et je me contre-fiche à présent du qu’en dira-t-on. Attention à ce que tu vas mettre en commentaires de cet article haha !

Les étapes qui m’ont menée au lâcher-prise

1. L’instant présent

l’instant présent, rien de tel pour lâcher prise

Et si tout simplement, il suffisait de savourer l’instant présent, comme le font si bien nos enfants. S’il y a bien une chose que j’ai apprise de mes enfants, c’est bien cette notion : le temps n’a pas d’emprise sur eux. Ils sont ancrés dans le présent. Quand on prend le temps de les observer, comme le préconisait Maria Montessori, on s’aperçoit qu’ils sont complètement absorbés par ce qu’ils font et ne sont pas en train de penser à ce qui s’est passé la veille ou à ce qui les attend demain. La seule chose bien réelle est bien cet instant présent : la passé n’existe plus, quant à demain il n’est pas encore là. Alors à quoi bon y penser ? Tout à coup cette notion obscure de lâcher prise m’est apparue comme une évidence.

Le lâcher prise est bien cette notion de ressentir le présent et de laisser passer les pensées envahissantes qui nous font culpabiliser d’être dans l’instant présent. Tu me suis toujours ? Alors oui, cela n’a pas été facile au départ. Observer ses pensées (déjà faut-il avoir conscience de leur présence) sans les juger, demande un effort considérable et un entrainement quotidien.

2.Voyage à l’intérieur de soi : accepter de m’occuper de ce qui m’appartient

Une fois que tu arrives à observer tes pensées sans jugement, tu commences à comprendre qui tu es, à comprendre tes peurs, à comprendre tes besoins. Et tu finis par accepter sans jugement qui tu es. C’est bien gentil tout ça, mais à quoi cela sert? Le fait de se connaitre est primordial : cela permet de se respecter et de prendre les bonnes décisions dans la vie, sans être influencé par l’extérieur, en étant complétement aligné avec tes besoins les plus profonds.

3.L’autre est autre et sa vie lui appartient

Une fois que tu as compris quels sont tes besoins, la chose à travailler, sera celle de comprendre que l’autre a également des besoins qui ne sont pas forcément les mêmes que les tiens. Accepter l’autre, tel qu’il est, sans jugement, est en effet une autre paire de manche. Et c’est important de pouvoir le faire, car tu ne peux en aucun cas changer l’autre. Le lâcher prise intervient ici dans le fait d’accepter que tu ne peux pas le contrôler.

4.Les relations aux autres

Oui mais alors comment faire quand tes besoins vont à l’encontre des besoins de l’autre? Alors tout dépend de qui est l’autre. S’il s’agit d’une personne qui ne compte pas pour toi, inutile de vouloir changer quoi que ce soit. Mais si en revanche, il s’agit d’une personne qui compte à tes yeux, comme ton enfant, alors là, il est important de tenir compte à la fois de ton besoin et de celui de l’autre dans un esprit satisfait-satisfait. Et quand on est maman, on a tendance à faire passer le besoin des autres avant les siens. Alors qu’il n’y a aucune culpabilité à avoir de vouloir satisfaire son besoin. Et non ce n’est pas de l’égoïsme. Un besoin est une chose considérée comme vitale. Si tu ne le satisfais pas, tu seras en grand déséquilibre et tôt ou tard ton enfant en pâtira. Alors ça vaut le coup d’y réfléchir !

Sans les autres, personne ne serait autre chose que rien.

Mafalda (célèbre personnage de BD)

Et quel bonheur quand on arrive à avoir cet esprit satisfait-satisfait ! Chaque instant passé avec son enfant n’a plus la même saveur. La communication est meilleure, les tensions s’espacent, et les relations s’améliorent. Alors ça vaut le coup d’essayer, non ?

Pour conclure je te laisse méditer cette citation qui est affichée en gros chez moi. N’hésite pas à me dire ce que cela t’inspire :

Et si on échangeait à propos de cet article?

  • comment définirais-tu le lâcher prise?
  • quels sont les “oranges” que tu as du mal à lâcher ? (si tu ne sais pas à quoi correspond ces oranges, je t’invite à relire mon article, la réponse y est 😉 )
  • quels freins t’empêchent de lâcher prise? qu’as-tu à y perdre?
  • dans quelles situations parviens-tu à lâcher prise?
  • quels conseils pourrais-tu donner à d’autres mam’enthousiastes pour arriver à lâcher prise?

Au plaisir de te lire !

Pour aller plus loin :

Apprendre à lâcher prise de Cécile Neuville

Petit cahier d’exercices du lâcher-prise de Rosette Poletti & Barbara Dobbs

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